Carte blanche à Emmanuelle Bec

AFFICHE_CARTE BLANCHE 2018

Invitée par la Galerie 18 pour inaugurer le principe de la Carte blanche, l’artiste Emmanuelle Bec a réuni une sélection de dessins de Célina Guiné, d’eaux-fortes de Johann Bertrand d’Hy et d’estampes et sculpture de Lidia Kostanek.

Projections d’un intangible en de multiples facettes kaléidoscopiques, les œuvres de ces 4 artistes témoignent de l’indicible des mondes intérieurs.

Questionnant la représentation de l’insaisissable, elles tissent un lien parfois paradoxal entre dedans et dehors, imagination et réalité, dans une respiration en flux et reflux avec force et délicatesse.

Tous ces échos repoussent les limites de notre perception pour nous amener à plus de vie.

 

 


Emmanuelle_Bec_la_breche

Pour EMMANUELLE BEC, le sujet du dessin se niche avec pudeur dans la zone où l’ombre et la lumière se fondent dans des palettes de gris. De cet entre-deux de l’inconscient, de ses interstices, le sujet tire son essence. Palimpseste, le sujet se montre et se dérobe pour se fondre dans des kaléidoscopes de formes transparentes ou incrustées, dans un parti pris graphique et minimal.

Sur la peau du papier, à la mine de plomb ou au crayon, Emmanuelle Bec travaille au corps cette dualité qui rythme son dessin : le trop le trop peu, le vide le plein, le gras le sec. Apparente contradiction entre puissance et fragilité, le dessin dit la sensualité du corps dans un acte amoureux.
Épuré dans ses couleurs, il se fait gris, noir, chair pour aller à l’essentiel et dévoile une cartographie de son sujet dans un espace souvent lié au carré.

Plusieurs séries permettent au travail de se déployer, HOME2Les Nouveaux venusAnima, et offrent l’espace de jouer avec le temps de la narration.
Dans le corps même de la matière, papier, pierre ou métal, Emmanuelle Bec poursuit la traque de son sujet dans un travail de la surface, l’effacement et l’empreinte comme autant de façons d’explorer les zones d’oubli de la mémoire.


JOHANN BERTRAND D’HY

Johann Bertrand d'Hy eau-forte

 Jusqu’au XVIIe siècle, les mots « dessein » et « dessin », dans notre langue, n’étaient pas différenciés, ainsi le dessein signifiait à la fois dessin et projet, tracé du contour et intention, l’idée au sens spéculatif et l’idée au sens d’invention.

 

Souhaitant rester fidèle à cette unité entre la représentation et la potentialité, mon travail graphique est étroitement lié à l’esprit, à la puissance de l’idée, et sa relation au réel – un dialogue entre la pensée et sa matérialisation.
J’aborde ainsi la création dans un aller-retour entre les formes visibles (réalisations de l’Homme) et invisibles (langages, croyances, psyché). Ma production mélange gravures, dessin à l’encre, gouaches, céramiques, à travers différentes séries thématiques.

 

 

 

NOVENCRE6

CÉLINA GUINÉ, née en 1988, vit et travaille à Nantes.
Le dessin a toujours été pour elle une voix, un espace, un moyen de dire le monde et de tisser des possibles au-delà des mots.
Après des études d’art à Paris puis Bruxelles, elle s’installe à Nantes en 2013.
Puisant son inspiration dans le dessin contemporain, la poésie, la danse ou l’illustration, elle explore les paysages intérieurs et toutes ces émotions qui nous façonnent. Contre toute approche monolithique et totalitaire du réel, elle cherche avec bienveillance et empathie à atteindre les centres, les creux des êtres, là où tout est plus intense, plus fragile et plus beau.
Elle illustre aussi des livres pour enfants. Ses travaux deviennent de plus en plus colorés, libres et sensibles, revendiquant avec puissance et douceur notre fragilité ontologique.

Les dessins de Célina Guiné racontent des histoires, mais ils ne mentent jamais. Parfois orageux, souvent azurés, ils sont des fables oniriques encrées dans le réel. A fleur de peau, ses dessins éclosent. Ils poussent et s’étirent dans un champ de possibles et de poésie.  Emma Robert, auteure


LIDIA KOSTANEK

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Lidia Kostanek, Polonaise, s’installe en France après sa maîtrise à l’Académie des Beaux Arts de Varsovie.

Attirée par la problématique de la condition du corps humain et l’identité féminine, elle continue ses recherches artistiques (dessins, gravures, collages).

En arrivant à Nantes en 2013, elle débute son travail sur le volume dans un atelier de sculpture en céramique.
Ses sculptures et gravures défient et explorent les notions de féminité idéalisée, cherchent à inventer un nouveau rapport au corps. Elles rejettent la dichotomie entre la fragilité et la force, la délicatesse et la violence, la séduction et la répulsion, la jouissance et la douleur… Dans ses œuvres plutôt surréalistes – inquiétantes et transgressives – on retrouve de nombreux niveaux de lecture.»